Looking for peace into the wild

Ma démarche

Du road movie à la rom-com d’aventures en passant par les docu-fictions, la thématique du voyage a déjà été vue sur toutes les coutures. Pourtant, encore aujourd’hui des films comme Wild rencontrent le succès et attirent l’intérêt des novices en la matière. Pourquoi ? Qu’est-ce qui attire ces gens ? Après avoir vu le film Wild, je me suis dit qu’écrire sur ce sujet serait une bonne idée mais je n’avais pas envie de faire une simple critique de film. De plus, les ressemblances entre ce film et d’autres « aventures » en solo m’ont donné l’idée de tout mettre en relation. Au final, après avoir regardé une dizaine de films et tourné le sujet sous tous les angles, j’ai gardé 2 films basés sur des faits réels (Wild et Into the Wild), qui ont, à mes yeux, autant de points communs que de discordances.

Le voyage, une porte vers soi-même

Wild, Y tu mama tambien, The Darjeeling Ldt, Into the Wild, Easy Rider, … Une diversité de films, aux styles et scénario différents mais aux mêmes points communs: l’aventure, la découverte, l’expérience de nouvelles choses. Ces films nous font rêver, réfléchir sur le sens de la vie et nous donnent une sérieuse envie d’enfiler à notre tour une paire de bottes, un sac-à-dos ou de se mettre au volant de notre bolide et de « foutre le camp ». Au fond, quelle vision du voyage ces films renvoient-ils ? Est-elle celle que tout un chacun pourrait vivre ?

Nous en parlions déjà dans « Voyager ne fait pas de vous quelqu’un d’intéressant », le voyage est quelque chose qui est accessible à tous. Julie en était arrivée à la conclusion que, quelle que soit la manière dont vous décidiez de voyager, cela mérite de le vivre. Chacun a son style de voyage et en profite comme il le souhaite.

Mais notre image du voyage est d’une certaine façon stéréotypée. Vous avez les grandes aventures, les baignades farniente, les city-trips pollués, pour résumer en 3 catégories. Ici, c’est d’un type de voyage bien précis dont je veux vous parler, celui qui sent la sueur et a le goût des larmes, rempli d’émerveillement et de surpassement. On pourrait l’appeler « la grande aventure en solitaire » ou encore, l’associer au phénomène des « backpackers ».

 Partir pour mieux revenir

«  It had nothing to do with gear or footwear or the backpacking fads or philosophies of any particular era or even with getting from point A to point B.

It only had to do with how it felt to be in the wild. With what it was like to walk for miles for no reason other than to witness the accumulation of trees and meadows, mountains and deserts, streams and rocks, rivers and grasses, sunrises and sunsets. The experience was powerful and fundamental. It seemed to me that it had always felt like this to be a human in the wild, and as long as the wild existed it would always feel this way »

― Cheryl Strayed, Wild: From Lost to Found on the Pacific Crest Trail

Se retrouver en tête à tête avec soi-même au milieu d’un espace naturel, vide de toutes présences humaines, est une thématique fort appréciée et vendeuse à Hollywood. Le voyage y est souvent associé avec la recherche de soi, une fuite vers l’avant pour échapper à un passé trop oppressant (ou un avenir, peut-être ?). Le voyage serait motivé par une certaine peur, une crainte.

Dans Wild, Cheryl Strayed fuit son passé. Sa vie n’est pas un long fleuve tranquille à envier : la mort côtoie le divorce et la drogue. Rien de très festif comme point de départ. Basé sur une histoire vraie, le film retrace le trek entrepris par Cheryl le long du Pacific Crest Trail. Son voyage n’est pas touristique ni sportif (même si…). Cheryl cherche à se purifier et à renouer avec la personne qu’elle était « avant que les choses ne tournent mal ». Elle se lance le défi d’atteindre le Pont des Dieux, étape finale de son trek à travers l’Ouest américain et ce n’est qu’à cette condition qu’elle pourra faire face à sa vie passée et revenir parmi les siens.

Pourrait-on appeler ça un voyage en solitaire ? Oui. Ne serait-ce pas plutôt fuir la réalité ? Tout est une question de point de vue. Certes, elle fuit, elle abandonne « sa vie » et tout ce qu’elle possède, alors que d’autres y feraient face d’une autre manière. Mais n’est-ce pas un moyen comme un autre ? Certains courent chez le psychanalyste ou en centre de désintoxication alors que d’autres partent seuls dans une conquête « sportive » de leur personne.

L’histoire de Cheryl est extrème et rare. Qui irait jusqu’à tout vendre, à réduire sa vie à des boîtes parsemées le long d’un trail ? C’est pour cela que ces histoires nous inspirent et nous poussent à créer les nôtres. Into the Wild est aussi l’une de ces histoires tirées de faits réels et qui ne donnent qu’une envie : endosser son sac-à-dos et tendre le pouce vers la route. Le dénouement étant un tant soit peu plus tragique, les leçons a en tirer sont d’autant plus bénéfiques.

Après avoir découpé ses papiers, vendu sa voiture, brûlé ces derniers billets, Chris McCandless se lance dans sa conquête du Grand Nord américain. Son parcours est parsemé de rencontres auxquelles il s’efforce de ne pas s’attacher pour mieux vivre son périple. Direction l’Alaska et ses pleines à perte de vue. Son carnet de voyage nous dévoilera une facette bien réelle du voyage en solitaire (poussé à son paroxysme) : même libre, entièrement en marge de toute société existante, une loi régnera toujours, celle de la nature.

Ici, le voyage en solitaire est poussé à son point culminant. De nouveau, Into the Wild peut être assimilé à une fuite : Chris McCandless coupe tous les ponts imaginables avec sa famille, avec la société elle-même et va jusqu’à se refermer sur lui-même, dans un bus au bout du monde. Que cherche-t-il ? La paix, le bonheur, la tranquillité psychique. En bref, à trouver la paix intérieure. Son voyage a comme seul objectif de se tourner vers la seule entité qui pourrait nous rappeler qui nous sommes vraiment, sans aucune influence humaine, seule à même de juger : la nature.


The universe, I’d learned, was never, ever kidding.
It would take whatever it wanted and it would never give it back.”

― Cheryl Strayed, Wild: From Lost to Found on the Pacific Crest Trail

Même un voyage, quel qu’il soit, peut devenir une introspection déguisée. Elisabeth nous livrait durant tout le mois de mars son long courrier sri-lankais et sa petite révolution personnelle, comme elle le dit si bien. Dés les premiers jours de son trip, elle a vite renoué avec l’Elisabeth impulsive et spontanée qu’elle avait oubliée. Ce n’est peut-être (sûrement?) qu’en fin de parcours qu’elle s’est rendue compte des biens faits du voyage sur sa personnalité.

Même au bord d’une plage, cocktail à la main, je suis sûr que l’on peut avoir une révélation sur le déroulement de sa vie (si si! Si vous cherchez bien). Le voyage nous change, nous grandit mais il nous permet aussi de nous retrouver.

Ressourcer ne veut-il pas justement dire « relever, surgir de nouveau » ? Et donc, d’une certaine manière, se ressourcer induit la notion d’aller d’un point A à un point voyage. L’aventure serait alors assimilée, non plus à une fuite, mais à une recherche de soi. Cheryl ne fuit pas sa vie dans Wild, elle part retrouver la personne qu’elle était avant que les malheurs de la vie ne s’abattent sur elle. Ce n’est pas un combat mais une fouille. Tout bascule lorsque Chris McCandless reçoit son diplôme universitaire. Son avenir est tout tracé par ses parents mais ce n’est pas celui qu’il envisage. C’est là que commence sa quête d’un équilibre intérieur qu’il pense trouver une fois le bonheur et la paix apprivoisés dans son bus enneigé.

Et si le voyage c’était ça : partir se chercher. Le but n’étant pas de se trouver forcément mais plutôt se ré-habituer à vivre avec la personne qu’on est devenue et être en paix avec celle qu’on était.  Certains ont besoin de bouger, d’aller voir ailleurs, de quitter tout repère humain. D’autres se satisfont d’une visite sur un canapé moelleux. Nous tentons tous de nous définir en tant que personne. Le voyage apporte-t-il des réponses ? À vous d’en juger!

Voyager en solitaire n’existe « pas pour du vrai »

Voyager, en plus d’avoir une portée pseudo-philo-psychologique propre à chacun, est aussi un parcours souvent semé de rencontres. Par n’importe quel moyen, vous ne pourrez pas échapper à la rencontre avec d’autres personnes. Sauf si vous faites voeu de silence, il vous faudra bien à un moment ouvrir la bouche pour demander votre chemin ou l’addition. Le challenge du voyage « en solitaire » serait même de ne pas se retrouver trop souvent avec soi-même et de se « forcer » à rencontrer des gens. Au risque que d’en devenir dingue ?

Kiliaan, de Kix vous emmène, est un apprenti voyageur en solo. Cela fait maintenant quelques mois qu’il est « seul » en Amérique du Sud, la solitude se fait parfois ressentir mais dans une auberge de jeunesse, c’est rare de se retrouver seul. Les langues se délient vite après une petite bière et chacun y va de sa petite anecdote de voyage. La solitude laisse alors vite aux rencontres et à l’amitié. Nous pourrions donc en arriver à la conclusion que c’est bien joli un voyage en solo mais il n’a de solitaire que le nom. Sauf bien sûr, si vous résumez cela à l’expérience de Chris McCandless, vécue seul, avec pour toit un bus abandonné au milieu d’un paysage sur-enneigé d’Alaska. Alors, oui, le voyage en solitaire peut exister mais à quels frais …

“Happiness only real when shared.”

― Christopher McCandless

Chris trouvera le bonheur et la paix dans son bus alaskien mais se rendra vite compte que, seul, cela n’a plus aucune valeur. C’est pourtant lui qui indiquait à l’une de ses rencontres, le vieux fermier Ron Franz, que la joie de vivre résidait dans les nouvelles expériences, l’aventure et non, dans les relations humaines. Mais que valent les souvenirs s’ils ne sont pas partagés ? Rien n’équivaut le sentiment de raconter (et parfois, de se vanter) le chemin parcouru jusqu’au sommet, les destinations exotiques atteintes, les criques dont seul vous connaissez la localisation.

Quelle est la valeur d’un voyage ? Est-elle proportionnelle aux portées de l’histoire ? Le voyage perdrait-il toute sa valeur s’il n’est pas partagé ? Bien sûr, une fois l’aventure vécue, vous pouvez égoïstement garder vos souvenirs dans votre tête et n’en dire mot à personne … Qui, sérieusement, est capable de garder un tel « secret » ? Entre un album sur Facebook du voyage néo-zélandais de votre pote et une carte postale de votre tante au Pérou, les témoignages de voyage sont nombreux et à chaque coin de rue. Mais est-ce ça qui fait un voyage ?

C’est dans cet optique que Where’s the F s’est créé. Nous voulons que vos souvenirs, vos récits de vie, soient partagés et inspirent d’autres. Les nouvelles expériences sont la meilleure façon de sortir de son quotidien, de quitter la monotonie et ainsi, de permettre de se retrouver.
Ici, sur Where’s the F, nous aimerions amener du lien là où les gens ont parfois tendance à le réserver à l’espace familiale : vos histoires, vos aventures peuvent inspirer d’autres personnes à franchir le pas, à remplir leur sac-à-dos, enfiler une paire de bottes ou à réserver un billet pour la destination qui leur fait envie. Si le voyage se fait seul, il ne peut exister qu’avec les autres. C’est la conclusion que Chris en tire à ses dépens.
Votre avis nous intéresse. Donnez-nous votre vision du voyage en commentaire !

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