Le bruit des vagues

L’eau a toujours été mon élément. La mer, quant à elle, est comme un vieil amour familial transmis de père en fille.Chaque automne et printemps était rythmé par sa visite de la côte belge et de ses dunes. La bruine, le vent iodé, les vagues de sable fouettant les chevilles, nous forçant à marcher la tête dissimulée entre les épaules, c’est ça ma mer. Même mes yeux ont fini par en prendre la couleur.

La politique belge, et particulièrement flamande, s’opposant de plus en plus aux idéaux familiaux, nos ballades iodées se sont faites chaque année de plus en plus au sud de la Belgique. Nous délaissions Westende et ses brise-lames pour les dunes de Wissant ou Calais, pour les falaises d’Étretat ou le sable fin de Coudeville. Le Nord-Pas-Ca et la Normandie sont devenus nos nouvelles terres d’exil nous accueillant pour quelques jours de repos en famille.

Travel Where You Live … en Normandie

Alors quoi de mieux qu’une bonne tradition familiale pour échapper au train-train quotidien. J’avais envie de m’évader et peu de temps pour réellement partir loin. 4 jours, une centaine d’heures pour prendre une bouffée d’air hors de mon quotidien boulot-boulot-insomnie. Pile à ce moment-là, Anna, notre contributrice américaine, nous parlait d’Alastair Humphrey dans son article sur sa philosophie du voyage. En moins de deux secondes, je commandais le livre sur Amazon et me plongeait dans l’oeuvre de cet explorateur aux 4 coins du monde et « inventeur » auteur des « Microadventures : local discoveries for great escapes ».

Des micro-aventures près de chez soi ? Malgré ma curiosité, j’étais persuadée que ce livre n’allait rien m’apporter. Comme si aller faire un tour me permettrait de changer d’air … Alastair Humphrey affirme que les plus belles aventures sont celles faites prés de chez vous. Les gens « normaux » n’ont en fait rien à envier aux grands voyageurs. Il faut juste avoir l’audace de mettre son nez dehors et de sortir de sa zone de confort. Si simple ? J’étais sceptique… Il semblerait que ce n’est pas si compliqué, pas besoin de faire des kilomètres ni de sports extrêmes. Il suffit d’un pas pour franchir la frontière de votre zone de confort.

Et si à mon tour, je franchissais ce pas. Cette infime limite entre l’aventure et la routine : un trek dans les Ardennes ? Une échappée sauvage dans la région anversoise ? Du Kayak en Gaume ? Un tour en voilier en Mer du Nord ?  La météo grisonnante belge ne le permettait pas à ce moment-là. En Normandie, par contre, le soleil voulait bien pointer son nez …

La route, le GR21 et ses falaises

Une fois la décision prise, l’endroit et l’embarcation choisis, il ne suffisait plus qu’à s’y rendre. En route pour le GR 21, de Tréport à Étretat, une randonnée au milieu des falaises ! Au programme, de la marche, un peu d’escalade et un voyage en vieux gréement.

J’ai déjà voyagé en bateau, des petits et plus longs trajets, en ferry ou bateau à moteur généralement. Mais jamais, je n’avais mis les pieds sur un voilier, quelle que soit sa taille. C’était un peu mon rêve. Enfant, les films tels que Tempête (mais si, ce film avec George Clooney en pêcheur intrépide en pleine tempête) ou Seul au monde m’ont toujours fasciné. Ma soeur était morte de trouille et moi, je m’imaginais déjà sur un voilier affrontant vents et marées. Et puis, le temps passe. On grandit et peu à peu, nos désirs d’aventures et nos rêves changent.

Une aventure d’enfant

À 10 ans, je débordais d’imagination. Un champ se transformait en contrée indienne envahie par des cow-boys que mes amis et moi-même devions chasser. Plumes au vent et haches de plastiques à la main (ne comptiez pas sur moi pour jouer l’infirmière ou la gardienne du foyer), nous partions débusqués les cow-boys cachés dans les grandes herbes. Le chemin était long et nous emportions des réserves : fruits, bonbons et jus, pulls et chaussettes. Des cabanes faites de branches et d’herbes nous accueillaient pour nos courtes pauses. Avant la fin de la journée, aucun cow-boy n’avait été croisé mais nous rentrions, fiers d’avoir protégé notre petit bout de champ des envahisseurs. C’était l’aventure, la vraie, celle faite de poussière et de bobos.

A bord du gréement, j’ai de nouveau eu 10 ans. Le Capitaine Astérix (ça ne s’invente pas …) nous raconte ses aventures dignes de ragots de vieux matelots et de contes de pirates. Curieuse, impatiente, j’ai les yeux et les oreilles bien ouvertes, prêtent à enregistrer tout ce que je vois et entends. La caméra au poing, je scrute l’horizon en écoutant les péripéties de ce vieux trois mats.

Cette journée en mer avait un goût d’enfance : une pincée d’innocence et une bonne dose d’émerveillements. Les journées de promenades qui l’ont entouré m’ont permis de réfléchir et de me rendre compte que j’aimerais réellement vivre dans un endroit comme celui-ci. Des dunes ou des falaises, une maison au bord de l’eau, la mer et l’océan comme seul horizon.

Dans 10 ou 50 ans, peut-être un jour, j’aurais cette cabane face à la mer. Peut-être est-ce là-bas que réside mon F, mon équilibre, ma paix intérieure. Pour l’instant, les choses sérieuses reprennent: du boulot, des contrats et beaucoup de rêves pour avancer.

« La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands
pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. »

– Oscar Wilde.

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